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II. Les multiples avantages du Moringa Oleifera III. L'information, condition sine qua non de l'assimilation IV. Produits de transformation et problématiques liées 2. Une huile alimentaire très riche et une huile cosmétique très rentable 3. Le Moringa, une pharmacopée naturelle 4. Un engrais naturel performant : l'extrait de feuilles de Moringa 5. Un purificateur d'eau naturel
La plaine du Cayor, située au cœur de la zone sénégalaise extrêmement menacée de désertification, a subi récemment 6 années consécutives avec moins de 100mm de précipitations et a vu ses pluies diminuer de moitié en 50 ans Les causes en sont principalement le changement climatique, l'appauvrissement des sols par la monoculture intensive de l'arachide et l'érosion éolienne. (cartes 1, 2 et 3) Les conséquences, dramatiques, sont l'exode rural et l'appauvrissement du niveau de vie des agriculteurs qui entraîne souvent une précarité des conditions sanitaires et sociales. Ainsi, même en développant des activités parallèles en basse saison pour combler le manque à gagner de la baisse des cours céréaliers, du manque d'eau et de l'appauvrissement des sols, les cultivateurs ne parviennent pas à améliorer leur niveau de vie et a fortiori les salaires de la main d'œuvre agricole. D'où la nécessité pour eux de perpétuer la collecte sauvage du bois combustible afin d'économiser le gaz ou le charbon de bois. Ceci a pour conséquence évidente à long terme d'accélérer la déforestation donc la désertification. Pluviométrie (précipitations annuelles en mm) |
7 fois plus de vitamine C que les oranges!
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4 fois plus de vitamine A que les carottes ! |
Autant de protéines que les oeufs !
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4 fois plus de calcium que le lait! |
3 fois plus de potassium que les bananes! |
Et 3 fois plus de fer que les epinards, des vitamines B, du Magnésium, du cuivre, des fibres, du phosphore tous les acides aminés ! … |
La poudre de feuilles de Moringa a permis de soigner de nombreux enfants malnutris. (« L'arbre de vie »,p.119 Combattre la malnutrition avec le Moringa ). Consommé régulièrement, elle est un gage de bonne santé.
La feuille de Moringa est connue traditionnellement au Sénégal pour l'élaboration de la sauce « Mboum ». Toutefois, cet usage reste anecdotique et sa préparation inadaptée a la conservation des éléments nutritifs (sur-cuisson, rejet de l'eau de cuisson). Il faut donc informer les ménagères des techniques de séchage et de préparation des feuilles.
Cette poudre de feuilles est aujourd'hui bien connue des milieux hospitaliers casamançais suite à la mission de CWS-AGADA.
Les feuilles seront donc destinées au marché local où une demande existe, mais également à l'exportation sous forme de poudre ou d'infusions, d'autant que la demande de produits naturels énergétiques est en forte croissance en Europe.
Les gousses de Moringa, inconnues au Sénégal comme aliment, sont très prisées en Inde où l'on en fait même des conserves. Cette information pourra intéresser les Sénégalais désirant améliorer la variété des légumes dans leur plats.
Nous nous engageons pour la sensibilisation des populations aux avantages de la consommation « raisonnée » de Moringa. C'est l'objectif du projet « Moringa !» qui consiste en la projection itinérante d'un document vidéo de sensibilisation en milieu rural. Il sera diffusé en janvier-avril 2007 sur un axe Sud-Nord au Sénégal.
2. Une huile alimentaire très riche et une huile cosmétique très rentable
Le Moringa oleifera produit une huile de qualité supérieure comparable sur le plan alimentaire à l'huile d'olive. Elle convient très bien pour les salades et la friture.
En outre elle possède des propriétés reconnues dans l'industrie cosmétique et la parfumerie. Son cours sur le marché se situe entre 3000 et 6000 FCFA le kg.
Ce serait ainsi la principale source de revenus pour l'association. On peut donc produire de la même façon de l'huile alimentaire et de l'huile de soins cosmétiques.
De plus, avec cette huile on peut fabriquer localement des savons de qualité supérieure de manière artisanale d'où création d'activité supplémentaire. Ces savons peuvent être destinés au marché local ou à l'exportation
Nous travaillons à mettre au point une presse à huile de Moringa assez performante, ainsi que l'étude de marché pour trouver les clients et distributeurs et répondre à leur cahier des charges.
Le label « commerce équitable » peut être mis en avant pour l'exportation, car telle est l'éthique du projet : du producteur au consommateur. Le label « agriculture biologique » pourra être également accordé, car les cultivateurs n'utiliseront aucun pesticide ni intrants chimiques .
3. Le Moringa, une pharmacopée naturelle
Le Moringa est connu à travers la médecine traditionnelle de nombreux pays africains, sud-américains et asiatiques. Les feuilles, fleurs, racines et écorce peuvent soigner des dizaines de pathologies. Nombre de ces propriétés ont été corroborées par des études de laboratoire (« L'Arbre de la vie »: L.Fuglie , Le Moringa dans la médecine traditionnelle).
Les villageois, sensibilisés à ces savoirs traditionnels, pourront bénéficier directement de ces vertus par une cueillette raisonnée. En outre ils pourront commercialiser ces médicaments naturels sous forme d'infusions comme cela se pratique déjà en Asie. (LeFon, producteur-exportateur à Taiwan)
Ici encore, il est essentiel de procéder à une sensibilisation des populations aux différentes vertus de la plante et surtout de faire reconnaître les nombreuses propriétés thérapeutiques du Moringa Oleifera par la médecine scientifique afin de vulgariser son utilisation.
4. Un engrais naturel performant : l'extrait de feuilles de Moringa
Les études menées au Nicaragua démontrent que l'extrait de feuilles de Moringa contient une phytohormone de croissance très efficace lorsqu'elle est pulvérisée sur les feuilles des légumineuses. Les différents tests ont montré une augmentation moyenne du rendement des plants de 20 à 35%, et jusqu'à 50% dans le cas du poivron ! (« L'arbre de vie »,tableau pp 55-56)
L'utilisation et la commercialisation de cet extrait biologique pourraient également être très rentables pour la communauté.
La problématique sera l'acquisition du matériel nécessaire à l'opération d'extraction à l'éthanol et de vulgariser l'utilisation du produit par les agriculteurs et maraîchers. Une alternative simple et peu coûteuse consiste à produire un purin de feuilles décomposées dans l'eau, que l'on pulvérise dilué à 50%.
5. Un purificateur d'eau naturel
Certaines communautés du Soudan utilisent les graines du Moringa depuis des générations pour purifier l'eau du Nil.
Les études de laboratoire ont démontré que les graines possèdent un pouvoir floculent et antibactérien grâce à une protéine electrolyte et d'autres agents actifs. La poudre de graine de Moringa peut purifier des eaux insalubres à hauteur de 99% des matières en suspension, bactéries et parasites à raison de 1 à 2 graines par litre d'eau. Elle est un floculent aussi efficace que le sulfate d'aluminium (alum) largement utilisé dans toute l'Afrique pour la potabilisation et l'assainissement, or ce produit est cher, importé et non biodégradable (pollution des boues résiduelles).
Un floculent naturel à base de graines de Moringa (Phytofloc ®) est déjà commercialisé par une société suisse basée en Tanzanie, qui produit également de l'huile et des savons. Ce floculent est extrait du tourteau (résidu de presse) mais le tourteau brut est tout aussi performant.
Ce tourteau pourrait être utilisé artisanalement pour purifier l'eau de consommation mais également dans des stations de purification comme celles du Lac de Guiers qui alimentent Dakar en eau potable et qui utilisent le sulfate d'alumine, ou dans de futures stations écologiques d'assainissement des eaux usées qui pourraient résoudre le grave problème de la pollution des fleuves et de l`océan : 90% des eaux usées de Dakar sont rejetées sans traitement dans l'océan.
Des études menées au Nicaragua (N.Foidl) montrent que les feuilles de Moringa sont un apport nutritionnel très important pour les bovins. La teneur nette en protéine est de 95% , la teneur en protéine potentiellement digestible est de 47%, contre 45% pour la paille de riz et seulement 0 à 35% pour les autres céréales (11% pour la paille de blé). Les feuilles de Moringa sont donc une bonne source de supplément protéinique pour les ruminants ainsi que pour les animaux monogastres. En outre, elles ont l'avantage de ne contenir qu'une très faible teneur en tannins et en phénols qui peuvent être nuisibles pour le bétail mais que l'on trouve néanmoins dans de nombreux sous produits agro-industriels.
L'expérience d'engraissement des bovins menée au Nicaragua démontre un gain de poids de 30% supérieur chez les animaux se nourrissant de Moringa par rapport à l'herbe de pâturage. ( Source : Tableau 15 p 65, Foidl, Harrinder, Makkar & Becker , Potentiels du Moringa Oleifera, in L.J.Fuglie « L'arbre de vie » pp56-69)
Cette utilisation du Moringa Oleifera a l'avantage d'être immédiatement réalisable et rentable pour le cultivateur-éleveur mais présente l'inconvénient d'être incompatible avec la culture pour les graines, l'effeuillage étant nuisible à la production de gousses.
La culture pour feuilles implique un système de production de type intensif avec une irrigation, sur le modèle développé à la ferme de Ndimb dans la région de Keur-Momar-Sarr (Nord Sénégal) par l'ONG Church World Service. Cette technique implique une disponibilité de l'eau, un investissement de départ important pour le système d'irrigation (goutte à goutte) ainsi que l'utilisation régulière d'intrants.
Toutefois cette technique de culture est envisageable dans le cadre du projet en utilisant la fumure organique (compost) et un arrosage raisonné.
Néanmoins, les analyses montrent que les tourteaux résiduels de l'extraction d'huile de Moringa, même après leur utilisation pour purifier l'eau, sont également très nutritifs : 70% de protéines brutes et nettes ainsi qu'une forte concentration d'acides aminés essentiels et l'absence d'anti-nutriments comme les tannins, saponine et alcaloïdes. On peut donc envisager une double valorisation des tourteaux après pressage de l'huile : purification de l'eau puis aliment pour bétail.