Dans les moments de joie ou de détresse,
la société traditionnelle a toujours fait appel à son
génie protecteur pour le remercier ou formuler un vœu devant une
situation qui la dépasse.
Les bonnes récoltes, les victoires remportées ou l’intronisation
d’un nouveau chef, donnent lieu à de grandes cérémonies
organisées pour lui rendre grâce et implorer un meilleur sort
pour l’ethnie ou la collectivité.
La population retourne aussi toujours vers les génies dans les moments
difficiles : devant une calamité naturelle, une épidémie,
la folie et autres graves maladies ou après une défaite.
Dans un élan populaire, la localité, l’ethnie ou la famille
prépare la cérémonie. Les guérisseurs ou sorciers
définissent les sacrifices et les rites à faire, fixent la date
de son organisation. Les chefs traditionnels donnent les moyens nécessaires.
La cérémonie est toujours organisée dans les habitats
des génies.
Même s’ils pouvaient se déplacer sur l’infini, les
génies avaient toujours un habitat bien défini. La mer, l’île,
le fleuve, le marigot, la forêt sacrée, les collines et les montagnes
abritent généralement les génies protecteurs de la société.
Chaque famille avait aussi son génie qui habitait dans une parcelle
aménagée derrière le village, la maison ou la case suivant
les besoins.
Ces cérémonies comprennent deux phases essentielles : les
invocations ou prières et les sacrifices.
Suivant les ethnies et les objectifs, les participants récitent des
formules, chantent et dansent au rythme des instruments de musique traditionnelle
adaptés aux circonstances.
Les sacrifices, suivant l’importance ou la gravité des objectifs,
vont du coq aux troupeaux de bœufs. Les céréales, le lait
ou le vin offert, peuvent les renforcer ou les remplacer dans certaines situations
Le Ndeup ou le Tourou pour soigner des malades chez les lébous est
l’une de ces cérémonies qui subsiste à nos jours.
Le rythme, les chants et les danses peuvent animer la maison ou le village
sur plusieurs jours.
Les noms des génies et des cérémonies changent d’une
ethnie à l’autre.
En voici quelques exemples :
Le bao nan, dont le nom varie suivant les ethnies, est organisé pour
mettre fin à une sécheresse qui est une calamité naturelle,
Les funérailles sont organisées pour les morts,
Le Gadialdé est organisé dans le Cayor pour fêter une
victoire, introniser un nouveau chef ou montrer sa puissance économique
et militaire.