En raison de la douleur,
des nombreux cas de tétanos, d’infections constatées et
la remise en cause de la notion de beauté chez les femmes, le tatouage
est en voie de disparition.
Le tatouage de la gencive ou des lèvres est une très vieille
tradition chez les femmes de plusieurs ethnies au Sénégal. Le
touages visait à protéger les dents et à rendre le sourire
plus beau dans nos sociétés traditionnelles.
A tout âge la fille ou la femme pouvait faire appel à une maîtresse
pour se tatouer la gencive afin de rendre son sourire plus éclatant.
Le tatouage des lèvres est un grand événement annuel
qui marque le passage de la fille à l’état adulte.
Il est organisé après les récoltes pour toutes les filles
en âge de le subir Dans chaque village on trouvait au moins une femme,
généralement castée, qui exerçait la métier
de tatoueuse.
Ce passage est très important pour l’avenir de la fille, c’est
le moment où l’on testera son courage mais aussi où l’on
observera les premières manifestations publiques de ses futurs prétendants.
Le jour de la cérémonie, après les formalités
mystiques, les filles sont réunies dans une maison où les attend
la tatoueuse, bien assise, les jambes écartés au bout d’une
grande natte. A ses cotés on peut voir, son matériel composé
de petit fagots d’épines ou d’aiguilles bien attachés
et une poudre noire appelée « comfi ».
Une à une, les filles passent devants elle. La fille arrive, on lui
bande les yeux et elle se couche sur le dos entre les jambes de la tatoueuse
et une tante la couvre d’un joli pagne jusqu’à la poitrine.
La grande dame fait ses prières et lave les mains et le visage de la
fille avec son eau mystique. Elle répand le « comfi »
sur les lèvres et tient bien le visage de la fille à la main
gauche et le fagot d’épines à la main droite.
Les coups d’aiguilles commencent à pleuvoir, la tante tape légèrement
sur la poitrine pour atténuer la douleur et les griots l’encouragent
et apaisent l’inquiétudes de sa famille. Chaque allée
et retour des aiguilles sur la lèvre est appelé un « fagot »
et au début de chaque fagot, on répand le « comfi ».
La fille est jugée sur le nombre de fagots reçus sans crier
ou fuir. Les futurs maris ou les proches parents, pour honorer leur filles
offrent des béliers et des taureaux à immoler pour la circonstance
. La fête démarre et peut durer plusieurs jours.