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La Circoncision

Par cycle d’un à cinq (05) ans suivant l’ethnie, chaque province organise une cérémonie de circoncision pour ses adolescents de la même « classe d’âges ». Durant environ un trimestre, dans un endroit sacré hors des villages, ce camp avait la lourde mission de préparer et d’initier les nouveaux circoncis. C’est le premier passage de l’adolescent vers sa vie d’adulte.

Les préparatifs

A tour de rôle, les villages organisent la cérémonie. Après les récoltes, avec l’appui des familles, tous les adolescents du nouveau contingent sont recensés par le comité d’organisation comprenant le« ngaman » (chirurgien traditionnel) les sages, les guérisseurs, les griots, et les classes d’âges déjà initiées.

Les futurs circoncis ont la tête complètement rasée tandis que ceux qui n’ont pas l’âge portent une ou plusieurs touffes. Les touffes permettent d’identifier la famille de l’enfant. Sur la place du village ou le soir autour du feu, des contes et des légendes sur cette circoncision leur sont racontés pour les encourager ou pour leur faire peur. Les activités de la province tournent autour des préparatifs de la cérémonies. Les familles réservent une partie de leur récolte et de leur bétail pour la nourriture du camp. Quelques jours avant la cérémonie, Les guérisseurs choisissent l’emplacement du camp et le comite d’organisation l’y construit.

La cérémonie

La veille, après avoir fait les rituels familiaux et encouragé le futur circoncis, la mère lui remet un pagne pour couverture et le père ou l’oncle suivant les ethnies, le conduit au lieu de rassemblement, le plus souvent chez le chef de village.
Un grand spectacle est organisé sur la place du village, toute la nuit, les griots magnifient la tradition et la population chante et danse au rythme des instruments musicaux locaux ( tam-tam, balafon, Cora, rity et khalam, etc.…).
A l’aube, les futurs circoncis sont conduits vers les lieux sacrés ( la mer, le fleuve, les « pangols » pour les rituels de protection contre les sorciers, les diables et les mauvaises personnes Les guérisseurs rivalisent d’ardeur, chacun dans sont domaine.
Avec le lever du soleil, ils sont conduits dans la « case des hommes » par les sages, les parents et les griots qui chantent les gloires de leurs ancêtres pour les encourager.
Vous êtes des adultes maintenant, vous ne devez ni pleurer ni fuir devant la douleur, les faire, c’est renoncer à votre dignité et humilier votre famille. Vous devez être forts et courageux pour mériter la confiance de votre famille, de votre communauté et des femmes que vous épouserez.
Ils sont conduits un à un devant le « ngaman » (chirurgien traditionnel), généralement choisi parmi les forgerons guérisseurs de la province. Ils sont surveillés de près pour empêcher les poltrons de prendre la fuite. Avant l’opération, sur un mortier l’adolescent est mis torse nue les jambes écartées. L’enveloppe souillée du sexe est ficelée, posée et bien tenue par les aides sur un deuxième mortier. D’un geste rapide avec son couteau, le « ngaman » effectue l’opération et soins nécessaires. Le partie coupée est le premier gris-gris circoncis.
La tradition a rapporté plusieurs légendes sur cette opération : Certains adolescents font disparaître leur sexe qu’il confie à un fruit, une branche d’arbre ou un génie et au « ngaman » de le retrouver et de faire l’opération. D’autres se transformaient ou devenaient invisibles, au « ngaman » de les faire revenir afin d’accomplir sa mission. C’est l’occasion pour le « ngaman » et les familles des circoncis de montrer leur connaissance mystique.

On l’habille avec un grand boubou, lui fait porté un collier de gris-gris qui le protègeront durant son séjour au camp et lui remet un couteau et deux bâtons sacrés : les « lingués », outils et moyens de défense desquels il ne devrait jamais s’en séparer. Les nouveaux circoncis font les cents pas sous la conduite des aînés avant de se réunir autour de calebasses remplies de bouillie de mil avec huile de palme et lait caillé. C’est une obligation de manger jusqu’à épuisement du plat, même s’il faut vomir et reprendre, manger de son gré ou sous les coups des aînés.
Pour être fort il faut beaucoup manger, durant ce camp tu apprendras à beaucoup manger.

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