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Le Baptême

Dans la famille africaine, la naissance d’un enfant est un grands événement. C’est l’élargissement et un nouvel espoir pour la famille. L’enfant est protégé depuis le ventre de sa mère. La belle mère, à qui revient cette charge, consulte les guérisseurs ou sorciers de la localité pour chercher les gris-gris nécessaires pour la protection de la grossesse de la mère.

L’accouchement s’effectue dans un endroit caché, avec l’assistance de femmes âgées et bien expérimentées. Pour mesurer la gravité et le danger de cette phase on la comparait à une personne qui traverser un puit en marchant sur une tige de mil séchée. Dès la naissance de l’enfant, la famille fixe le jour du baptême. La griotte rapporte la nouvelle à toutes les familles du village et les parents éloignés.

Dès que la mère regagne sa chambre, les femmes du village viennent la féliciter en lui rapportant du lait, de l’huile de palme ou des céréales pour l’aider à bien s’alimentez avant le baptême. Les belles sœurs offrent de beaux pagnes pour le bébé et les guérisseurs, marabouts et sorciers font des bains sacrés et gris-gris pour la protection du nouveau né. Le mari réfectionne la maison, achète un bélier et des habits de cérémonies pour la mère. Les voisins et les parents donnent des céréales et du lait pour l’organisation du baptême.
Le jour de la cérémonie, dès les premières heures, les cousins nettoient la maison, étalent les nattes dans la cour. Les griottes préparent les plats de la fête. Tous les habitants du village, les parents et amis, drapés de leurs plus beaux habits, arrivent et s’installent aisément après les salutations d’usage. Les chefs traditionnels, les notables, les guérisseurs et marabouts occupent le centre de la foule.
Les femmes de la génération de la mère arrivent devant la foule, chantent les vertus de la mère épouse et réclament leur cadeau avant la cérémonie officielle. Le bébé, tenu dans de beaux pagnes entre les mains de la belle sœur, est remis au chef religieux qui formule les prières et donne le nom du nouveau né. Le griot de la famille terrasse le bélier qui est aussitôt immolé. La kola distribuée, le nom du bébé est repris dans des mélodies par tous les griots. Les cousins dansent et réclament leur part de la fête C’est l’occasion pour le couple et la famille d’offrir plusieurs cadeaux en guise de reconnaissance et de remerciement. Dans cette ambiance indescriptible, les jeunes du village apportent le premier plat de la fête. Sur place, la foule mange et assistent aux chants et danses accompagnés d’instruments traditionnels. Un autre plat de fête est servi en début d’après-midi avant la rencontre des familles du couple C’est une rencontre de femmes de même famille mais de camps différentes : la famille maternelle et famille paternelle. Au milieux de la foule, pour remercier ses beaux-parents, la mère offre plusieurs cadeaux sous les chants et louanges des griots. Le griot de la famille compose un chant qui retrace la généalogie de la famille et ses moments de gloire, jusqu’au nouveau né. L’enfant, durant toute sa vie, entendra ce chant dans les moments de gloire ou de détresse.
Ce chant est la pièce d’état civil et l’identité de la personne dans la société traditionnelle. C’est cette vieille tradition qui amène certains parents à négliger la déclaration de leurs enfants à l’état civil. Les conséquences sont dramatiques : déperdition scolaire, déplacement limité et blocage sur le marché du travail.

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