Il était une fois, un paysan qui avait fait une
bonne récolte et qui décida de voyager vers l’Amérique.
Il prépara soigneusement ses affaires, prit l’avion et passa
tranquillement.
Une fois dans les rues de New York, il aperçut un grand hôtel
où plusieurs personnes étaient à table et d’autres
dansaient joyeusement à côté. Il crut que c’était
un baptême comme on avait l'habitude d’en l’organiser dans
son pays.
Sans demander, il pénétra dans la salle, prit place et commanda
à manger et à boire. Il observait les femmes et les hommes qui
dansaient sous un rythme qu’il n’avais jamais entendu. Pour lui
c’était une séance de lutte populaire et ce qui l’étonnait
était le fait que personne ne puisse terrasser son adversaire.
Après avoir fini de manger et de boire, il se leva doucement, se dirigea
vers la piste. Une femme lui tendit les bras pour l’inviter à
danser mais à sa grande surprise le paysan la souleva et la jeta lourdement
sur la piste. Il tendit ses bras vers le ciel en signe de victoire à
la manière des grands lutteurs de son pays et dit :
« Les hommes n’ont pas le courage de se mesurer à moi et
toi une simple femme tu viens à ma rencontre. Je veux rencontrer maintenant
un homme. »
Des cris se soulevèrent, les uns prirent la fuite et les autres le
maîtrisèrent. Tout le monde croyait avoir affaire à un
fou. Le maître d’hôtel appela le sapeur pompier qui arriva
sur les lieux. Il lui passa les menottes à travers les poignets et
le projeta dans une fourgonnette qui le conduisit directement à l’aéroport
pour son rapatriement vers son pays d’origine.
Le paysan retourna dans son pays et l’année suivante, un autre
qui s’apprêtait à faire le même voyage vint lui demander
conseil. Il lui dit :
« Si vous voulez durer en Amérique au cas où vous assisteriez
à leurs combats de lutte ne terrassez pas votre adversaire. »
Il raconta sa mésaventure intégralement au nouveau candidat
à l’émigration. Ce dernier qui avait la chance d’aller
à l’école, comprit qu’il ne s’agissait pas
d’un baptême mais d’un hôtel et la séance de
lutte n’était autre qu’un bal. Il expliqua au paysan ses
erreurs et conclut son discours en ces termes :
« Quand tu ne sais pas, il ne faut pas avoir honte de demander ! »