Une fois, Bukki-l’hyène et Lëk-le-lièvre
voulaient tous les deux la main de la belle fille du roi. Bukki arriva le
premier au palais, et le roi lui donna sa fille sans hésitation. Lëk
à son tour demanda la main de la princesse. Et le roi lui répondit
:
« Tu es arrivé trop tard, car je l’ai déjà
donnée en mariage à l’hyène. »
Lëk, tout malin, lui demanda :
« Mais, savez-vous que votre nouveau beau-fils n’est rien qu’un
cheval ?
¾Ah non ! Un cheval ? Si tu dis la vérité, je récupérerai
ma fille. »
Alors Lëk retourna chez lui et se coucha. Il dit à sa famille
:
« Si quelqu’un me demande, dites-lui que je suis malade. »
Bukki alla au palais pour prendre sa nouvelle femme. Le roi lui dit :
« Ton rival Lëk m’a dit que tu es un cheval. »
Bukki se mit en colère, en disant :
« Quelle méchante bête, ce lièvre ! Je vais l’amener
ici. S’il ment, vous le punissez. »
Arrivé chez Lëk, Bukki le trouva couché dans son lit.
« Lëk ! c’est toi qui as dit au roi que je suis un cheval
! Tu es vraiment méchant. Allons chez le roi, et tu vas répéter
cela devant moi.
¾Bukki ne me dérange pas ! Je suis malade et mourant. Je ne
peux même pas marcher.
¾Ah non ! cela ne va pas t’empêcher de m’accompagner
au palais. Viens, je vais te porter sur mon dos. »
Alors l’hyène se mit à quatre pattes et Lëk grimpa
sur son dos poilu. Arrivés au palais, ils trouvèrent le roi
assis sur son trône.
« Voilà celui qui vous a menti » cria Bukki.
« C’est à vous de juger maintenant. »
Le roi lui répondit :
« Bukki, je vois de mes propres yeux que tu es bel et bien un cheval,
et je ne peux guère donner ma fille à un cheval. Quant à
ton cavalier, c’est lui qui m’a dit la vérité. C’est
donc à Lëk que je vais offrir ma fille en mariage. »
Alors l’hyène s’est mise à pleurer et rentra chez
lui.
"Weddi gis bokku ca."
Traduction:"Je mens et ne peux te le cacher ."