1 Introduction
Guédé Chantier est un village fondé en 1933 par des français qui souhaitaient y introduire l'agriculture irriguée. Sa population d'origine est donc constituée de colons venus des contrées voisines et lointaines du Fouta. Il doit son développement à la performance de ses premiers habitants dans l'agriculture irriguée. Plusieurs Î1}stitutions d'encadrement technique s'y sont succédées pour appuyer son développement agricole (OA V, Mission Agricole Chinoise de Taiwan puis de la Chine populaire, SAED etc.) Celles-ci ont largement contribué au développement et au rayonnement du village grâce aux productions tirées du périmètre alors quasi-unique source de revenus des villageois.
Avec l'ajustement structurel des années 80, l'Etat s'est désengagé d'un certain nombre de secteurs de la production. Les paysans mal préparés à ce changement, n'ont pu se réorganiser en conséquence pour maintenir le niveau de productivité du périmètre. Parallèlement, la croissance démographique et l'ouverture du village vers l'extérieur ont fait naître de nouvelles habitudes qui ont engendré de nouveaux besoins au sein de la population en quête d'un mieux être social. Il en a résulté un déséquilibre entre les besoins de la population et les possibilités économiques. Cette situation a plongé le village dans un marasme économique et social persistant. La production agricole connaît une chute drastique du fait d'une baisse de rendements elle-même due à une surexploitation des terres, une organisation sociale déficiente et un système de crédit lourd et coûteux. Le coefficient cultural a baissé et les surfaces mises en valeur par famille se sont rétrécies. Les revenus agricoles sont devenus trop faibles au point de ne plus permettre une prise en charge correcte des besoins familiaux en santé, éducation, et diverses autres infrastructures sociales.
En outre, l'origine historique du village, sa démographie (estimée à 5 000 habitants) et sa configuration géographique (zone inondable) sont tel que ses habitants sont aujourd'hui confrontés à un grave problème d'espace habitable.
Prenant conscience des enjeux, les populations tentent depuis lors de trouver des solutions à ces problèmes sans jamais y parvenir faute de moyens ou d'une bonne organisation. Toutes les familles tentent de développer des stratégies de survie avec des fortunes diverses. Pendant que certaines se diversifient en exploitant de petits aménagements privés communément appelés "projets", d'autres recourent au travail salarié en ville ou empruntent le chemin douloureux de l'émigration internationale.
Ces problèmes ont motivé une mobilisation des populations de Guédé qui se sont engagées dans un processus de recherche de stratégies de sOliie de crise. Elles ont pris l'initiative de rassembler les compétences internes et externes pour faire analyser la situation actuelle et proposer des axes d'évolution. En effet, les villageois sont mieux placés que quiconque pour parler de leurs problèmes, dire ce dont ils ont besoin et ce qu'il faut faire pour y arriver. C'est ainsi qu'ils ont initié un processus communautaire qui a démarré par les journées de réflexion du 13 au 15 septembre 2002. Ce processus s'articule autour des trois parties ci-dessous:
La Première partie est un diagnostic communautaire qui a pour finaIlté de fixer des objectifs de développement. Après avoir mis en évidence les atouts et les contraintes de la localité, ainsi que les menaces et les opportunités pour son avenir, il vise à mieux faire connaître le fonctionnement du village en le resituant dans son environnement.
La Deuxième vise les choix stratégiques et l'élaboration de plans d'action. Elle balise le chemin en indiquant les voies et moyens à utiliser pour atteindre les objectifs fixés. Elle indique globalement "qui fait quoi" dans le ~emps et l'espace en précisant les moyens humains et
Diagnostic villageois et plans d'action stratégiques pour le développement écunomique et social de Guédé Chantier.
II Première partie: Diagnostic: analyse des atouts et contraintes
A Pourquoi un diagnostic?
Première étape du processus, celui-ci s'est déroulé sous fonne d'atelier villageois qui s'est tenu les 13, 14 et 15 septembre 2002 au village. Les ateliers ont réuni environ deux cents participants villageois et techniciens de la SAED, du Développement Social, d'ENDA, de la CNCAS, des MFR, de l'Elevage, de la KFW, de la Santé et des représentants du Conseil RuraL (voir liste en annexe).
Après une séance plénière d'une demi-journée consacrée à l'ouverture des travaux et aux préparatifs, trois ateliers thématiques portant sur l'agriculture, les infrastructures socio¬économiques, l'habitat et l'environnement se sont tenus pendant trois demi-journées.
L'objectif était de donner la parole aux populations pour qu'elles analysent elles-mêmes la situation du village et identifient les axes stratégiques à mettre en œuvre pour l'améliorer.
La réalisation de cet objectif passe par celle des deux Gbjectifs spécifiques ci-dessous:
Sensibiliser et mobiliser le plus grand nombre d'acteurs sur la démarche. Faire en sorte qu'ils se mettent "sous tension" et s'approprient du processus en toute connaissance de cause.
A voir une compréhension commune du fonctionnement village et une vision partagée et de son évolution dans un environnement et un horizon temporel dégagés.
B Résultats
Les résultats des journées sont présentés ici sous forme narrative de la restitution des travaux des 3 ateliers thématiques.
Dans cette première partie du document ne figurent que les constats de la situation du village tels que rapportés par les populations. Les propositions des ateliers ainsi que les remarques et les amendements dont elles ont fait l'objet sont repris~s dans la seconde partie du document intitulée plans d'action.
1 Agriculture, élevage et pêche
a) Agriculture
Guédé Chantier doit son existence à l'agIiculture irriguée que ses populations pratiquent depuis
1933. Avec les appuis successifs de l'GA V, des MAC et de la SAED, ils ont réussi des prouesses techniques en riziculture (3 récoltes annuelles avec des pointes de rendement dépassant les 10 tonnes à l'hectare) rarement égalées ailleurs dans la région. La production du riz, à la fois culture vivrière et commerciale pour les villageois, était complétée par d'autres ressources locales (élevage, pêche et cultures de décrue en années favorables à partir de terres du :walo).
'fout au début, la riziculture se déroulait dans un aménagement primaire à submersion contrôlée.
Il en a été ainsi jusqu'à l'arrivée de la première mission chinoise en 1970 qui a aidé à aménager et à exploiter une centaine d'hectares avec une maîtrise partielle de l'eau. Pendant les années 90, sous l'ère de la SAED, une réhabilitation du périmètre financée par des fonds arabes a permis de faire un aménagement tertiaire avec une maîtrise totale de l'eau et un début de diversification des cultures avec la tomate industrielle entre autres.
Mais le succès de la production agricole allait s'estomper sous l'effet conjugué de plusieurs facteurs liés au contexte national ou spécifique au village.
IJiagnoslic villageois et plans d'action stratégiques pOlir le (II'vcloppement économique et social de C1uedé Chantier.
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Les facteurs liés au contexte national
Ce sont essentiellement les conséquences de l'ajustement structurel qui a entraîné un retrait brusque de l'Etat des activités de production (crédit, fournitures, commercialisation et diverses prestations). Ce désengagement a créé un vide démobilisateur chez les paysans mal préparés. Quelques opérateurs privés s'efforcent de le combler mais avec un succès plutôt mitigé. La faible solvabilité des paysans et le caractère aléatoire de la production découragent les institutions financières qui se retirent du secteur. Seule la CNCAS finance le crédit de campagne mais pour uniquement les spéculations oflTant une garantie de remboursement (la tomate industrielle en particulier). Pour les autres productions comme le riz et les produits maraîchers, les producteurs doivent recourir à leurs réserves personnelles ou s'adresser directement au marché informel en se soumettant à toute forme de spéculation.
Par ailleurs, la libéralisation des prix au producteur et le mauvais calage des cycles culturaux rendent l'écoulement des récoltes très difficiles. La récolte quasi-simultanée dans plusieurs zones entraîne une mise en marché massive de produits trais périssables. La loi de l'oille et de la demal1de aidant, les prix chutent fortement au grand détriment des paysans qui bradent leurs productions pour ne pas tout perdre.
Les facteurs intrinsèques
Ils sont liés à l'histoire du village, à ses hommes et à son environnement. Historiquement le village de Guédé Chantier et son périmètre ont été implantés sur les limites des terroirs des villages voisins plus anciens (Guédé village, Lérabé, Fresbé et Diama Alwaly). Les ressources foncières sont donc très limitées. Les possibilités d'extension en dehors des terres ceinturées par la digue de protection sont très faibles. Même les cultures de décrue pratiquées par les populations pendant les années de crue tàvorable ne le sont que sur de terres qui leur ont été prêtées par les voisins des villages cités ci-dessus. Cette situation s'est encore aggravée avec les lois foncières de 1964 qui ont reversé une bonne partie de ces terres d'extension dans le domaine classé de l'Etat (forêt classée de Ndioum walo et Ndioum walo).
Aujourd'hui, après la réhabilitation et le remembrement du périmètre, la situation foncière du village peut se résumer comme suit:
Diagnostic villageois et plans d'action stratégiques pour le développement économique et social de Guédé Chantier.
villageois restent sans terre. Certaines tàmilles tentent de s'en sortir en créant et en exploitant de petits périmètres privés qui fonctionnent difficilement faute de moyens financiers. En 'plus, cette alternative n'est pas à la porté de tout le monde. Seuls ceux qui ont des liens de parentés poussés avec les villages voisins ont cette possibilité.
Sans être pessimiste on peut prédire qu'un aveIÙr difficile attend le village vue sa dynamique démographique actuelle. Si rien n'est entrepris dans les années à venir, la pauvreté et la misère s'installeront et les populations n'auront comme alternative que l'exode et l'émigration qui ont déjà commencé à toucher certaines familles.
Sur le plan agronomique, on constate une stagnation voire une chute des rendements. Le rendement moyen du riz dépasse difficilement les 4,5 tonnes /ha alors que celui de la tomate industrielle semble bloqué à 20 tonnes.
Les causes de ces chutes de rendement sont multiples mais on peut surtout reteIÙr :
L'épuisement des terres du périmètre à cause d'une mise en culture quasi continue alors que les
restitutions minérales et/ou organiques sont faibles voire inexistantes (200 à 300 kg NPK Iha). En effet, le prix des engrais, le coût financier du crédit et la faible dispoIÙbilité de la matière organique sont des facteurs limitant qui empêchent le niveau de fertilisation de dépasser son seuil actuel.
La qualité des semences et surtout la dépendance des paysans vis à vis de l'extérieur qui les empêche de disposer de semences sélectionnées de leur choix à temps et 'a des prix raisonnables.
La qualité de l'aménagement en particulier son planage défectueux, son réseau de drainqge inefficace et l'inaccessibilité des parcelles par les engins agricoles.
La cherté des prestations est telle que le labour profond n'est plus pratiqué dans le périmètre. Les façons culturales actuelles en cours sont très superficielles. Non seulement elles ne permettent pas d'extirper les rhizomes des mauvaises herbes (Oryza longistaminata, Cypéracées et autres Echinochloa), mais elles créent une semelle de labour (tassement en profondeur) qui gène l'enracinement des cultures.
Les problèmes d'orgarusation et la libération tardive des crédits occasionnent des difficultés de calage des cycles culturaux qui empêchent les cultures profiter pleinement de la saison favorable.
Les plans d'assolement tendent à se simplifier et se résument à une succession monotone riz ¬tomate industrielle du fait des contraintes liées au crédit.
Le coût hydraulique, à cause du système de facturation, est lui aussi source de contre performance. En effet, le périmètre fonctionne avec deux stations de~ pompages (alimentation et drainage) mues par des groupes électropompes connectées sur le réseau moyenne tension. TI existe un contrat de fourIÙture d'électricité de 5 ans négocié et pré financé à hauteur de 4 000 000 F CFA) par la SAED. Les relevés sont effectués tous les 25 du mois et les montants des factures mensuelles varient entre 1 500 000 et 2 500 000 F CF A (voir détails de la facturation en annexe).
L'examen de la facture montre l'existence d~ postes de charges incompressibles non liés à la quantité d'électricité débitée tels que la "prime fixe". le facteur de puissance communément appelé "cos <p" ou la TV A de 18 %. Il semble même que l'Union des GIE de producteurs s'expose à des pénalités qui peuvent aller jusqu'à 500 000 F CFA en cas de non-utilisation des installations.
Diagnostic villageois el plans d'aclion stratégiques pour le dél.eloppement économique et social de Guédé ( 'hantier.
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Pour faire face à la facture d'électricité, à la fin de chaque campagne, l'Union des GIE facture
aux producteurs un coût hydraulique de 80 000 F par hectare cultivé répartis comme suit: .
40000 F de redevance (irrigation).
20 000 F de DAT (Dépôt A Terme), une sorte d'amortissement des installations cog6ré avec la SAED.
20000 F de provisions dont 15 000 F pour J'entretien du réseau et 5 000 F frais de main d'œuvre (pompistes et gardien).
En théorie seul l'argent de la redevance est utilisé pour payer les factures mensuelles mais ce montant se révèle insuffisant pour honorer les 12 factures mensuelles. Pour combler le déficit, les responsables de l'Union utilisent une partie des provisions (entretien du réseau) pour honorer la facture d'électricité.
Finalement, la gestion de l'eau dans le du périmètre nous met devant une situation plutôt paradoxale. Alors que les stations de pompage donnent l'impression d'avoir été surdimensionnées par rapport au périmètre, jamais Oil n'a réussi à emblaver en même temps toute la surface. Les surfaces emblavées par campagne dépassent rarement les 300 ha. Le planning des cultures est tel que les cycles de production se chevauchent. En permanence il y a toujours une partie du périmètre qui n'est pas mise en culture en prévision de la spéculation suivante. La mise en culture de toute la surface disponible aurait permis de faire une économie d'échelle et partant, une meilleure prise en charge du coût hydraulique.
Sur le plan social, les productions irriguées sont gérées par des organisations paysannes (OP) à l'image de toute la vallée du fleuve Sénégal. En effet, le développement de l'agriculture irriguée suppose la mobilisation de ressources et de moyens auxquels le paysan ne peut accéder que lorsqu'il intègre un cadre organisationnel communautaire où la solidarité joue pleinement son rôle. Les organisations paysannes telles qu'elles existent actuellement essaient de répondre à cette préoccupation.
L'ensemble des exploitants du périmètre (y compris ceux des villages voisins qui y détiennent des parcelles) sont regroupés en 16 GIE selon les affinités sociales des individus. Chaque GIE exploite une maille hydraulique et gère directement ses crédits vis à vis de la CNCAS et ses rapports avec différents prestataires. L'ensemble des GIE forment l'Union des GIE chargée de la
gestion des ouvrages communs (stations de pompage et de drainage) et de l'entretien du réseau. d'irrigation.
Après une dizaine d'années de fonctionnement du dispositif, on constate un succès plutôt mitigé dans la gestion de la production. La gestion des finances des GIE et de rUnion manque de transparence. L'information ne circule pas assez entre les dirigeants et leurs mandants. n n'y a presque jamais de bilan après un cycle de production et les instances dirigeantes ne sont pas régulièrement renouvelés. Les présidents et autres membres de buréau sont inamovibles à leur poste. Le doute et la suspicion se sont installés chez les producteurs et les dirigeants qui
s'accusent mutuellement.
b) Elevage
Bien qu'ayant opté pour la vie sédentaire, les populations de Guédé ont toujours mené une activité d'élevage (bovins, ovins, caprins) en appoint des productions irriguées. Dans le passé, les conditions climatiques favorables permettaient de disposer d'aires de pâturage dans la zone
Diagnostic villageois et plans d'action stratégiques pour le dél'eloppement économique et social de Guédé Chantier.
(Journées des 13, 14 et J 5 septembre 2(02)
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sud (Diéri) pendant une bonne partie de l'année. Le reste du temps, les animaux paissaient dans les champs après les récoltes (vaines pâtures). .
De nos jours, la pratique de l'élevage est devenue plus difficile à 'cause des péjorations climatiques (sécheresse) aggravées par l'accroissement de la taille du cheptel et la réduction de l'espace due au développement de l'irrigation.
Beaucoup de familles tentent des initiatives en embouche et en production d'espèces à cycle court (aviculture) mais se heurtent à un manque cruel d'appuis. Le village déplore l'absence d'un agent de santé animale pour aider à faire face aux nombreuses maladies infectieuses et parasitaires liées à l'écosystème villageois très marqué par les eaux stagnantes.
c) Pêche
La pêche fluviale a toujours été une activité résef\.'ée au groupe socioprofessionnel des pêcheurs (soubalbé). Jadis exercée dans les plans d'eau peu profonds après les crues du fleuve, cette activité a beaucoup perdu de son importance depuis la mise en eau des barrages (Diama, Manantaly, Foumouguéleyta). Le nouveau flux hydrodynamique du fleuve fait que le poisson a tendance à rester dans la partie avale pendant la saison sèche.
Aujourd'hui la pêche est toujours pratiquée par le même groupe socioprofessionnel mais dans le lit mineur du fleuve où le poisson se nourrit et se reproduit difficilement. La pression sur cette ressource est telle qu'aucune réglementation n'est respectée (délimitation des zones de pêches et des zones de reproduction du poisson, maillage des filets...). A terme, les prises iront décroissantes et finiront par disparaître.
2 Habitat et environnement
Le village de Guédé est confiné à l'intérieur d'un espace habitable très limité (10 ha) entouré par des champs irrigués et des dépressions inondables. D'autre part, le risque d'inondation est permanent. En effet, il est entouré par une digue de protection qui menace de rompre à chaque hivernage comme c'est arrivé une fois en 1950.
En outre l'accès du village est souvent difficile en hivernage malgré l'existence d'une bretelle d'accès en latérite de 3 km.
Aujourd'hui les flux démographiques internes et externes sont tels que le village a presque atteint la limite de ses capacités d'extension.
Ayant pris conscience de ce problème, les populations ont entrepris des démarches pour accéder au terrain situé entre la nationale n02 et le périmètre. Cette démarche n'a pu aboutir pour plusieurs raisons. Entre autres on cite la mésentente avec les populations. de Lérabé qui en revendiquent la propriété, le manque d'appui des collectivités locales, la démarche d'acquisition du site contestée par une partie de la population pour insûffisance d'équité et de concertation. Pourtant tout le monde demeure convaincu que l'accès à ce terrain est un impératif.
3 Infrastructures socioéconomiques
a) Education
Guédé possède une école primaire fTançaise créée en 1958. Pendant 10 ans (de 1958 à 1967) elle a fonctionné avec une seule classe. A partir de 1968, elle s'est dotée de 2 classes puis 3 en 1972. Depuis lors, le nombre de classe est allé croissant. Aujourd'hui, elle compte 10 classes pédagogiques fonctionnelles situées dans deu\ sites géographiques différents.
/)iagnostic villageois et plans d'action stratégiques fll/ur le (k~vel()ppement économique et social de Guédé Chantier.
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Si le premier site dispose de l'eau courante, de l'électricité et d'une clôture en assez bon état, la seconde création ne dispose encore d'aucun de ces aménagements.
En dehors de la dernière création, les bâtiments sont vétustes, mal entretenus et mal équipés (tables bancs en mauvais état, bureaux et chaises insuffisants, blocs sanitaires en mauvais état etc.)
La moyenne des effectifs (55 élèves par classe) est relativement élevée si on la compare à la moyenne départementale qui est de l'ordre de JO élèves par classe. L'enseignement préscolaire
n'est pas pratiqué faute d'école maternelle.
Il existe une association des parents d'élèves (APE) qui appuie le directeur dans les démarches et
la gestion des inffastructures. Celle-ci s'acquitte correctement de ses missions d'appui au
directeur. Par contre on note un déficit de communication et des défaillances dans la concertation entre l'école et les parents qu'elle aurait du susciter.
Le personnel enseignant est composé de 10 maîtres do.nt 7 jeunes volontaires inexpérimentés. En plus leurs absences répétées et mal planifiées font que les enfants sont souvent laissés à eux¬mêmes pendant plusieurs jours ouvrables dans le mois. A cela s'ajoute un déficit d'encadrement des enfants à la maison surtout chez ceux dont les parents sont analphabètes.
La conjugaison de tous ces facteurs fait que le taux de réussite aux examens est relativement faible (15 % cette année comparée à une moyenne départementale de 29,5 %)
L'enseignement coranique est également très pratiqué dans le village. Il existe 15 maîtres qui officient dans 15 foyers d'enseignement coranique sur la base du bénévolat avec des effectifs variant entre 20 et 30 disciples. Tel qu'il est pratiqué actuellement, l'enseignement coranique ne dispense que des connaissances livresques très théoriques essentiellement tournées vers la mémorisation des versets du livre saint. Il ne bénéficie ni d'appui matériel (rémunération des maîtres, locaux, couverture médicale, nourriture) encore moins pédagogique. Il manque donc d'efficacité au grand détriment des élèves (surtout les non-résidents). Les populations le reconnaissent et estiment que quelque chose doit être fait pour améliorer la qualité de cet enseignement.
L'alphabétisation fonctionnelle en langues nationales commence à faire des percées dans la zone par le biais organismes d'appui et autres ONG. A l'instar des autres localités du département, la SAED y a ouvert depuis 2 ans deux classes d'alphabétisation avec 60 participants qui :onctionnent bien même si quelques améliorations sont souhaitées.
b) Santé ~
Le village dispose d'un poste de santé fonctionnel construit en 1968 par les populations. Il est composé d'un bloc de 3 salles de soin, d'un logement, d'une "maternité", d'une pharmacie (IB) et d'un magasin. L'ensemble est électrifié et équipé d'une chaîne de tfoid fonctionnelle. Le personnel est composé d'un Infirmier Chef de Poste (lCP), de trois matrones villageoises et d'un Agent de Santé Communautaire (ASC). Un comité de santé local assure la gestion des inffastructures et du personnel local (matrones et ASC).
Parmi les problèmes évoqués les populations soulignent les maladies hydriques liées aux canalisations à ciel ouvert et des faiblesses dans la gestion du dispositif par le comité de santé. Le transfert des malades référés à l'hôpital de Ndioum pose également des problèmes aux familles démunies fautes de moyens financiers et de véhicules adaptés.
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Diagnostic villageois et plans d'actio/1 strar.'gique.' pour le développement économique et social de Guédé Chantier.
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Enfin le bas du niveau de rémunération de l'ASC et des matrones pose un problème de motivation du personnel local devenu quasi indispensable face aux nombreuses sollicitations dont le dispensaire fait l'objet.
c) Hydraulique
Guédé dispose d'une intTastructure hydraulique construite en 1991 sur financement de la coopération chinoise. Elle est composée d'un forage équipé d'un moteur thermique de 2 cylindres, d'une pompe immergée, d'un réservoir de 100 m3, de 1800 m de canalisation, de 6 bornes fontaines publiques et d'une cinquantaine de branchements privés. Environ un tiers seulement de la population a un accès direct à l'eau courante. La distribution de l'eau se fait de façon intermittente car la capacité du réservoir est trop petite et les pénuries de carburant, malheureusement trop tTéquentes, ne permettent pas un remplissage régulier de la réserve et un écoulement permanent de l'eau dans les canalisations. Il existe un comité de gestion du forage mais ses membres n'arrivent pas à faire un recouvrement régulier des cotisations des usagers. Bon nombre parmi ces derniers refusent de s'acquitter de leurs cotisations prétextant l'absence de transparence dans la gestion et le comportement faxiste de certaines personnes.
d) Electrification .
Le village est connecté au réseau base tension depuis quatre ans mais l'électricité n'accède pas à tous les quartiers. L'éclairage public ne comporte que] 1 points lumineux dont 6 seulement en état de fonctionner. Il n'existe pas de comité qui s'occupe spécialement de la gestion de l'éclairage public qui est du ressort du Conseil Rural. Les connexions privées sont directement négociées avec l'agence de la SENELEC sise à Ndioum. Les habitants des quartiers non desservis se sentent tTustrés et se plaignent de cette situation qui les exclue du confort de l'électricité.
4 Jeunesse et promotion féminine
Il existe au sein du village plusieurs regroupements (GIE, associations...) de jeunes et de femmes. Leurs centres d'intérêt tournent autour de l'agriculture, des prestations et des activités récréatives. Certains disposent d'équipements (GMP, décortiqueuses...), de terres cultivables et même de locaux. Malgré tout, les jeunes et les femmes déplorent l'insuffisance de moyens pour mener des activités génératrices de revenus. Pourtant il existe de nombreuses potentialités au niveau local (pisciculture, apiculture, arboriculture, ramassage et recyclage des ordures ménagères, assainissement etc.). Les jeunes et les femmes se posent également des questions quant au sort qui est réservé aux terres leur ayant appartenu dans lé passé et qu'ils n'ont plus retrouvé après le remembrement du périmètre.
III Deuxième partie: Plans d'action
Les productions des ateliers ont mis en évidence une multitude de problèmes complexes et souvent liés qui préoccupent les villageois. Elles ont aussi permis d'entrevoir des pistes de solutions que les populations ont exprimés en terme de souhaits (ce qu'il faut faire) qui peuvent se résumer comme suit:
A Propositions
1 Agriculture, élevage et pêche
a) Agriculture
Les recommandations des participants vont dans deux sens: }o-- Dans l'immédiat:
Il
1. [l faut renforcer l'organisation sociale de la production agricole. Pour cela, il faut:
- Repréciser les critères d'éligibilité des responsables. Ceux-ci doivent élus sur la base des
critères de compétences et des aptitudes des personnes et non sur le statut social.
- Fixer des règles du jeu qui permettent une bonne circulation de l'information entre les dirigeants et leurs mandants, une périodicité normale de renouvellement des hommes et des instances, une assemblée générale régulière de l'Union des Gill avant et après chaque campagne pour garantir la transparence et la bonne circulation de l'information.
- Renforcer les capacités des responsables par la formation et la mise à leur disposition d'outils pour assurer les fonctions auxquelles ils ont été désignés.
- Initier des stratégies d'autofinancement de la production pour atténuer la dépendance des
producteurs vis à vis du crédit agricole.
2. Augmenter l'intensité culturale et faire de meilleures planifications des cultures (plans d'assolement, budgets prévisionnels) de façon à minimiser le coût de l'eau (facture d'électricité).
Dans le moyen terme:
La sécurisation foncière doit désormais être une préoccupation majel!.~e de tout le village qui se sent à l'étroit tant pour les terres habitables que les terres de culture. Dans cette perspective, les villageois devront dès à présent s'atteler à la réalisation des actions suivantes:
mettre en place un groupe de réflexion stratégique et de pilotage spécifiquement chargé de cette question.
faire une analyse détaillée de la situation foncière du village en la mettant en regard avec la dynamique démographique actuelle de façon à produire des chiffres significatifs et révélateurs. entamer les démarches de sensibilisation au niveau des différents échelons des autorités politiques et administratives (Conseil Rural, élus locaux et départementaux, Sous préfecture, Préfecture, Gouvemance, services techniques, Ministères, ...
b) Elevage
Sur ce plan, les populations souhaitent:
Une meilleure prise en compte de l'élevage dans les plans de développement en particulier dans l'aménagement de l'espace et mettre en place un système de gardiennage collectif (bouvier).
Disposer d'un technicien en élevage et santé animale résident pour les appuis techniques dans la gestion des troupeaux (alimentation, soins vétérinaires,. commercialisation etc.), l'organisation
Diagnostic villageois et plans d'actio11 stratégiques {Jour le développement éco11omique et social de Guédé Chantier.
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des groupes socioprofessionnels intéressés par l'élevage et leur mise en rapport avec 'les organismes d'appui (pAPEL, DIREL, MDE etc.) pour les aider à monter et à financer des projets bancables.
c) Pêche
L'atelier préconise un appui pour aider à réglementer l'activité et surtout introduire la pisciculture dans les bassins naturels que sont les dépressions inondables autour du village.
2 Habitat et environnement
Les actions à entreprendre dans ce domaine sont:
la création d'un cadre de concertation permanent représentatif chargé des négociations avec les institutions et les collectivités pour trouver une solution locale à ce problème.
l'initiation des procédures de déclassement des sites d'extension ciblés auprès des autorités compétentes (CR, eaux et forêts).
l'analyser l' offi-e et la demande de terrain à usage d' habitation en procédant à un recensement exhaustif de la population et une estimation du foncier disponible afin de se doter des bons chiffi-es, base d'une bonne planification.
la révision des listes d'attribution des parcelles et la détermination des critères d'attribution démocratiques et équitables.
les démarches auprès des autorités compétentes pour négocier l'octroi des infrastructures de base (école, forage, mosquée, électrification, marché...) pour le nouveau site.
Dans l'immédiat, le comité de pilotage est invité à réfléchir et proposer des stratégies sur les questions suivantes: la valorisation du terrain de l'ancienne piste d'aviation devenu inutilisable par les aéronefs à cause des aménagements qui y ont été construits en bout de piste (château d'eau et ligne haute tension).
l'amélioration de la praticabilité de la bretelle d'accès au village en la bitumant.
la recherche d'un site adapté et la construction d'un abri pouvant servir de marché pour les vendeuses.
la réglementation des constructions dans le village pour lutter contre l'occupation anarchique de l'espace. "
l'organisation d'un système de collecte, d'enlèvement et de valorisation des ordures ménagères. Celui-ci pourrait être monté sous forme de projet confié à des jeunes qui assureraient cette prestation contre rémunération.
l'appui du service départemental d'hygiène pour un programme d'assainissement du village (construction de latrines et évacuation des eaux de pluie).
le renforcement des capacités en matière de création et de gestion de bois villageois.
Analysant la complexité des problèmes qui assaillent le village, l'atelier estime qu'un conseil municipal démocratiquement élu est à mieux de les prendre en charge. Aussi a-t-il fait la recommandation d'entreprendre les démarches nécessaires auprès des autorités administratives et politiques pour ériger le village en commune rurale.